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Notre journée avec Daniel Nicolet, guide de pêche

Par Patrice Faucher

Il fait beau ce matin sur la presqu’île de Quiberon, plus loin au détour des cailloux qui hérissent la côte, apparaît l’île d’Houat, quelques bateaux partent en pêche. Nous continuons de longer le rivage. Après deux jours en bateau, Daniel a prévu pour nous aujourd’hui d’aller dans les cailloux, il va falloir marcher. Nous sommes partis en voiture ce matin, il est 6 heures.

peche Daniel NicoletJe suis assis à l’arrière avec la sécurité enfant au cas où, je crois que c’est juste pour déconner que Daniel a verrouiller l’arrière, il a l’œil qui frise sans arrêt, le Doc quand à lui est à sa droite « tranquille », il dévore le paysage des yeux, c’est la première fois qu’il vient en Bretagne, ces endroits, je crois qu’il adore, il ne parle plus, il savoure ce qui nous entoure.

 Le décor est posé.
 La question rituelle finit par être lancé:
 « Est que nous allons prendre du poisson ? »
 Daniel me jette un coup d’œil dans le rétro et nous dit :
 «Oui, si le poisson est là et que surtout nous arrivons au bon moment dans le bon endroit, nous en ferons…

Par contre, ici c’est au quart d’heure prêt, trop tôt c’est pas bon et trop tard  ce sera foutu.»
«Bah, dis donc, c’est presque une réponse de normand ça, heureusement qu’on te connaît un peu, pour savoir que c’est pas ton langage.»
Nous arrivons sur un parking, apparemment c’est ici que ça va se passer, nous saurons un peu plus tard que nous bougerons sans cesse à courir après les postes « qui sont bons seulement à certaines heures et pas à d’autres »
Je ne suis pas très bien réveillé, j’ai encore les  traces de l’oreiller, et je sens que ça va être chaud, alors je décide de me passer un coup de flotte sur le visage pour retrouver mes esprits. Laurent est bien, il est calme, il prépare son matériel, fait  passer son fil dans les anneaux du premier coup, ça m’épate un peu.

Patrice FaucherDaniel me charrie:  «T’es assortis aux couleurs de ta canne » ….. Ah ça  commence déjà à rire, ça promet. N’empêche la veille, ils ont bien failli se retrouver « Fanny », mais ça ils ne vous le diront pas, il fallait  hier que la canne soit d’une certaine couleur, ah ça balançait moins, j’espère qu’aujourd’hui ce sera encore la couleur du jour, on verra.
« Bon, vous êtes prêt, alors on y va !!!! »

Déjà ça commence bien, le pas de Daniel est soutenu d’entrée de jeu , et voilà qu’il faut enjamber des fils de fer tendu à 50 cm de haut, oui marrez vous, je sais que c’est pas haut, mais j’ai la fâcheuse habitude de me prendre les pieds dedans et j’ai pas trop envie qu’ils se bidonnent si tôt, ha bah oui à la moindre occasion, ça part en rigolade, y’a le temps cette fois ci, je veux bien passer mon tour.

Nous entamons la descente dans la falaise et  par moments faut vraiment pas avoir les pieds dans le même sabot, y’a quelques mètres de tombant en dessous, il faut s’agripper à la roche avec la seule main qu’il nous reste avec en guise l’unique possibilité parfois de ne pouvoir poser qu’une largeur de pied, qu’est ce que ce doit être en automne quand le vent vient rajouter son grain de sel dans ce rouage déjà bien compliqué.
Nous arrivons sur le poste, devant nous la mer, parsemée de rochers sur une vingtaine de mètre en direction du large.

laurent dubesJe ne vois pas bien pour l’instant où nous allons pouvoir balancer nos leurres, l’endroit est ont ne peu plus encombré.
“Voilà les gars, ça sent bon, ont est peu être un peu tôt mais dans une petite demi heure nous serons au moment optimal, Laurent (Doc), Archy balancez vos leurres dans les petites veines entre les cailloux, mais maximum à quatre mètres du bord, pas plus loin !!”

Pas évident pour quelqu’un comme moi qui ai fait beaucoup de surfcasting de lancer à quatre mètre alors que d’habitude nous cherchons à atteindre de grandes distances, c’est un autre exercice.
Laurent y arrive mieux que moi, il a beaucoup pêché en rivière et il connaît ce genre d’approche, pas loin, tout doux et surtout placé ce qui n’est pas mon cas, d’ailleurs ça rate pas au premier lancer je retrouve mon leurre 20 mètres plus loin, déposé sur un cailloux avec l’aide du vent, ça commence mal d’autant plus que Daniel derrière nous lui ne pêche pas et  surveille le moindre de nos faits et gestes :
 « Archy ! Pas plus de quatre mètres je t’ai dis, le poisson est ici, pas là bas, t’es trop loin, tu te montres beaucoup trop, t’es trop voyant, pensez à  Puipui les gars, planquez vous !!!!»
J’arrive enfin, après quelques lancers, à  trouver mes marques mais j’ai vraiment l’impression que le poisson ne peut pas se trouver là, j’estime à tord que le poisson n’a peut être pas assez d’eau.

Laurent, imperturbable, quand a lui continue de balancer au raz des cailloux, dans les veines, et enfin c’est l’attaque, le bar est monté du fond comme une torpille arrachant le leurre du Doc à la surface, j’ai pas eu le temps de bien le voir, mais regardant la courbure de sa canne, ça présage une belle prise.

peche quiberonDaniel me tend l’épuisette, le bar sera retiré à la mer affichant un bon 50 cm. Par la suite au même endroit, Laurent en reprendra un, j’en ferai deux autres. Ces trois là seront remis à l’eau en attendant de grandir encore un peu.
Le déroulement de la journée se passera à courir derrière Daniel, qui lui même courait après les postes pour que l’on arrive aux bonnes heures aux bons moments, à plusieurs reprises nous arriveront trop tard, il nous disait : « Balancez quelques leurres, mais là c’est plus bon !!!»

Je vous dirais, on a  bien essayé de le faire mentir, mais ça n’a pas marché…..Il avait raison à chaque fois.
 « C’est un métier que d’être guide, n’est ce pas les gars !!?? »
En bateau, les deux jours précédents, c’était pareil à chaque fois il donnait dans le mille, et ce malgré cette année où le poisson est particulièrement dur à trouver. « Je vous rassure, il m’arrive aussi de rentrer bredouille, mais si le poisson est là, je vous le trouverais. »

La demi journée sur  Quiberon s’achève, et c’est bien suffisant, il ne nous faudrait pas grande chose pour piquer un roupillon sur le chemin du retour, mais j’ai une peur de m’endormir, une photo est si vite prise. Ces journées avec un guide, comme Daniel, m’ont fait voir les choses différemment, j’ai très peu pêché en bateau jusqu’à présent, je pouvais enfin voir la côte de la mer et voir toute les possibilités que ça offrait, mais la révélation pour moi fût de prendre du bar à trois mètres du bord, entre les rochers, dans une passe large d’un mètre. Le bateau, c’est pas pour tout de suite, mais une autre perspective  m’est offerte ainsi qu’à beaucoup d’autres certainement  qui liront cette histoire et qui tout comme moi ne pense pas que le bar peut nager si près du bord.

Les vacances sont finies, le boulot a reprit, chacun est partit de son côté, en gardant pleins d’images et de souvenirs, la pêche c’est aussi, des levers de soleil extraordinaire.

Le Doc et moi tenions à te remercier de nous avoir invité sur ton bateau, pour ces moments que tu nous as fait vivre, pour  tout ce que tu as bien voulu partager avec nous, une petite part de tes secrets, je suis sûr que tu ne nous as pas tout dit, qu’il reste encore des tas de choses à découvrir. Aujourd’hui, nous te le redisons, c’est quand tu veux, nous serons toujours partants, et même se tremper jusqu’à la taille pour aider ton bateau à prendre le large, mais laisse nous juste le temps de monter à bord.

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