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Séjour de pêche en Mauritanie

Par Arnaud Pelpel (Nono69)

Après une première découverte des petites déceptions et grands bonheurs du voyage de pêche en 2007 (, il me fallait découvrir une autre destination, en emmenant cette fois-ci mon cousin Alexis, peut-être encore un peu plus timbré que le rédacteur de ses lignes. Quelques photos d’énormes courbines sur pecheaubar.com, quelques messages échangés avec Gwenolé Deuff, concepteur d’un séjour de pêche au Banc d’Arguin, entre Nouakchott et Nouadhibou, une réservation d’avion sur la Royal Air Maroc et c’est parti. Nous sommes donc ses premiers clients en cette fin du mois de juin et arrivons à Nouakchott un jeudi soir. Nous rencontrons Gwenolé, Ahmed le guide de pêche, Daniel le cuisinier, et le chauffeur, aussi indispensable que muet. Pour monter vers le Parc National du Banc d’Arguin on commence par 200 kilomètres de route de nuit puis nous nous engageons sur une piste dans le désert en direction du village d’Arkeiss, perdu au milieu du Banc d’Arguin. 50 kilomètres de sable, de dunes et de dromadaires.  

Jour 1 :

Arrivée au bivouac vers 8h du matin. Le lieu est superbe avec ces couleurs du matin. La baie s’ouvre en croissant de lune à la mer sur plusieurs kilomètres.

 vpma1808_500 La plage jouxte le bivouac et sur la gauche la falaise de pierre sablonneuse s’avance dans l’eau jusqu’à cette émergence rocheuse, le tombant, ce qui sera plus tard dans la journée notre spot de pêche au leurre et à la courbine. Nous montons les cannes à la hâte, passion oblige, et partons vers le tombant. En contrebas nous voyons plusieurs petites carangues et quelques petits requins chassant en surface, chose inhabituelle pour nous autres, pauvres parisiens.

D’ici à la fin de la semaine on en reviendra mais pour le moment c’est vraiment magique de voir des poissons de cette taille si proches du bord. J’attaque à la cuillère, histoire de ne pas oublier les fondamentaux. Bing! Ziiiiiiiii! Ca y est, ça n’a pas traîné! Un premier poisson digne de ce nom est attelé! Une sorte de petit thon de 4-5 kilos arrive au bord et Ahmed l’attrape.

Que c’est bon que c’est bon! Gwenolé casse deux fois, Ahmed se débrouille mieux. Une badèche pour moi! Alexis se contente d’une orphie d’un bon kilo. La pêche reste la pêche…

 

Les thons suivent les cuillères mais attaquent peu. Les lignes à courbines partent à plusieurs reprises, mais il ne s’agit vraisemblablement que de poissons-chats. Oui oui, en mer! J’en sors quelques uns de 2 kilos. On retourne vers la plage en fin d’après-midi, la mer est légèrement formée. Objectif surfcasting. Là encore ça ne traîne pas. Bing dans la canne rouge! Du fil qui part, un moulinet qui chante, un pêcheur (moi) tellement heureux, c’est une raie-guitare qui s’annonce dixit Ahmed. Effectivement, au bout de 15 minutes, on voit une raie beige avec une queue élancée et surmontée de trois ailerons de requin qui s’approche du bord. C’est un Ahmed volontaire qui passe à la méthode manuelle pour attraper la bestiole par la queue pour la sortir de l’eau. Que c’est bon mes amis! Un grand moment pour un pêcheur, une estimation autour des 20 kilos, pas un monstre mais peu importe, le bonheur ne se quantifie pas. Alexis rate un autre gros départ… Faut ferrer mon bonhomme, faut ferrer!

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Jour 2 :

La matinée se passe sur le tombant. La mer est plate contrairement à la veille. Les thons sont arrivés pour de bon dans la baie, on voit d’ailleurs des boules de sardines de ci delà, ce sont certainement elles qui ont poussé le thon si près de la côte. J’attaque avec un premier poisson de quelques kilos, histoire de donner le tempo. Ahmed enchaîne avec une bestiole de plus de 10 kilos, combattue de main de maître. Alexis, de son côté, galère et ne trouve pas la bonne vitesse de récupération.

L’après-midi se déroule sur la plage, nous arrivons à mi-montante. Alexis, (enfin mon bonhomme!) sort sa première raie-guitare (12 kilos environ) en un petit quart d’heure de combat. Smiling face de circonstance.
Le temps est au réglage des techniques et au jeu du frein du moulinet, cela servira si quelque chose de plus gros vient à mordre. Plus tard dans l’après-midi le nœud de l’hameçon cassera sur une deuxième raie puis ce sera un décrochage après quelques minutes de combat sur une troisième.
Gwenolé prend une grosse touche et travaille quelque chose de puissant. Au bout de 20 minutes c’est une autre raie-guitare, bien plus grosse, qui se présente. Sans doute pas loin de 25 kilos. Sortie de l’eau à la main par Ahmed qui prend un bain forcé tant le poisson est puissant.

Jour 3 :

La matinée se déroule sur le tombant. Alexis rattrape assez rapidement la « bredouille-thon » des deux premiers jours. Moulinant à fond la caisse, il parvient enfin à attirer les poissons et c’est le festival !

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Ca n’arrête plus d’attaquer et de mordre. Les cuillères en perdent leur peinture puis finalement se font littéralement défoncer par les coups de dents des thons. Voraces les bestioles, voraces. C’est plus lourd là, ça travaille au fond, c’est moins nerveux et plus puissant. Une carangue d’Alexandrie! Yes ! Je prends également un poisson-perroquet. Cette chose se gonfle et croasse lorsque l’on tente de le décrocher du leurre tout en gardant les mains éloignées de la formidable dentition. On dirait vraiment un crapaud ! A la baille illico presto ! Naturellement Ahmed et Gwéno alignent eux aussi les thons. Juste avant la pause déjeuner une des cannes à courbine part pour de bon mais le poisson, terriblement lourd et puissant aux dires de Gwenolé décroche après un rush monstrueux. Un groupe de cobias croise près du tombant. Ahmed insiste pour les tenter et se fait casser à la touche par un poisson qui doit approcher les 2 m de long. Pas la meilleure idée qu’il ait eue, mais sans cette casse c’est tout son moulinet qui y passait…

Aussi tentant que ces cobias soient, je ne vais pas risquer ma tresse sur eux car ma canne en 25 livres n’arriverait pas à en combattre un gros. Ahmed persiste et en sortira finalement un « petit » de 5-7 kilos ce qui nous donnera toujours l’occasion de regarder de plus près l’animal.

 

Autre prise étrange, un rémora de 5 à 6 kilos se baladant près du bord et qui saute sur une de nos cuillères. Remis à l’eau il recommencera 3 minutes plus tard! De son côté, Alexis sort le gros thon de la semaine. Une touche « classique » en ceci qu’elle fait trembler la canne, le moulinet, les bras et le pécheur tout entier… mais en plus balaise cette fois-ci. Le poisson produit des rushs de folie qui font penser un instant que le moulinet va se vider.  vpmd1808_300

Il reste bien 150 mètres de tresse dessus mais quand on n’a pas l’habitude d’entendre hurler le frein ça fait un peu peur. Au final, et après une belle baston, c’est un thon de 15-16kg qu’il échoue.

Jour 4 :

La marée étant presque haute, nous commençons par la plage en surf plutôt que par le tombant aux leurres. Pendant les deux premières heures rien ne se passe hors deux bars mouchetés. Alexis et Gwenolé en profitent pour faire un somme sur la plage à côté des cannes. Je veille donc seul en me disant que les touches seront pour moi seul… Héhé! Je m’approche de la Bahia noire d’Alexis, un peu détendue, ou plutôt complètement détendue. Le fil est passé à gauche sous les autres cannes. Il doit bien y avoir quelque chose là. Prise de contact et ferrage! Ferrage! Ferrage! Je vois un énorme truc tout noir et très large se secouer en surface dans un mètre d’eau, puis filer vers le large chercher du fond.

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Là, ça va être une autre paire de manche les amis! Je sens qu’on est passé à un degré au-dessus, un des ces moments où l’on est presque certain de ne pas pouvoir gagner. Le fil part, part, repart et ne fait que ça. Ca se vide dangereusement! Je rentre dans l’eau jusqu’à la taille, car même si c’est mal barré on va tenter le tout pour le tout. C’est ce qu’on pourrait appeler mouiller le maillot. Je pompe la bête qui repart encore un peu mais pas longtemps. 10 minutes. Elle me balade sous les autres cannes à 40 mètres du bord. Alexis et Gwéno se sont réveillés quand j’ai crié pour avoir un coup de main. Réveil militaire, ils sont debout en une seconde et organisent la valse des cannes pour éviter les emmêlements.

 

Elle approche, Ahmed indique que c’est une pastenague, et qu’il va falloir faire attention au dard. 35 minutes, la bête est amenée sur le sable dans la dernière vague et Ahmed se charge avec mille précautions de l’attraper par les ouïes pour l’échouer définitivement. Que c’est bon, c’est pour des moments comme celui-ci qu’on est venus !

L’après-midi se fait sur le tombant à la cuillère et au poisson nageur. Les thons sont toujours là et actifs comme des fous. Nous ne revenons vers la plage qu’en début de soirée lorsque la montante nous y contraint, que le vent forcit et que la mer se formant trop est devenue dangereuse.

Une fois la marée assez remontée on va planter les 3 cannes de surf sur la plage. Le vent est très fort et de secteur Ouest. La mer est vraiment formée et les plombs de 125 grammes accrochent avec peine le fond malgré l’absence de courant sur les bords de la baie.

Une première canne décroche le fond et on la relance avec peine à 40m. Reposée sur son piquet depuis 10 minutes elle se plie en deux, debout à côté de celle-ci je ferre et la passe à Alexis (chacun son tour) qui se retrouve attelé à une autre bestiole qui tire sans demander son reste ! Encore un gros combat. Du fil qui part, qui revient avec difficulté. Alexis est plié en deux sur sa canne. Il me dira après qu’il avait l’impression de pomper pour rien puisque le moulinet donnait du fil à chaque relevé de la canne. L’énorme bloc collé au fond ne cède pas un centimètre de fil durant le premier quart d’heure mais en reprend à chaque mouvement de queue. L’impression que le fil va casser à tout instant, que le frein est trois fois trop serré, et pourtant le moulinet donne encore et toujours quand le poisson frappe de la tête. Au bout d’un quart d’heure, il se calme et se décide à décoller un peu du fond.

 

Finalement la raie se laisse amener au bord où je lui tombe sur la queue que je soulève hors de l’eau pour la priver de propulsion. Quoiqu’il arrive je ne lâche pas! Des sourires, des photos, une raie-guitare vraiment énorme arrive au bord.

 

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Jour 5 :

Lever 6h45 avec la première mouche. Alexis et moi nous enfonçons dans nos vêtements encore mouillés de la veille ! C’est roots mais ça fait partie du charme justement ! Quand la marée a assez baissé, nous partons vers le tombant. Les thons sont encore fidèles au rendez-vous et recommencent à défoncer nos cuillères et poissons nageurs. Les cobias aussi sont toujours à tourner entre 30 et 80m du bord. Les sardines, dont un banc gigantesque évolue littéralement dans nos pieds (arggghh!), sont certainement la raison de leur présence depuis quelques jours.

Après avoir sorti quelques thons sur le côté droit du tombant, Alexis passe sur la gauche, peu explorée pour le moment et d’où Ahmed avait ramené sa petite carangue hippo.

Quelques lancers et attaques lui font sortir d’autres thons variant de 4 à 8 kg. Puis tout à coup c’est une touche toute différente qui arrête le poisson nageur. Plus profonde, moins frénétique. Une grosse carangue ? Ca ne monte qu’au bout de 5 minutes. Au premier éclair sous l’eau, c’est plus large qu’un thon, une grosse hippo alors ?

Quand le poisson émerge enfin ses écailles font vraiment penser à une courbine! En fait c’est une otholite de 15 kilos qu’Alexis amène au bord. Quelle surprise! J’attrape le poisson, il est lourd à souhait.

De mon côté, moins de chance, je casse sur un thon gigantesque après de multiples rushs de folie qui vident progressivement le moulinet. Certainement le plus gros que nous ayons touché de la semaine. Mon émerillon agrafe, pourtant censé résister à 100 kilos est complètement ouvert. C’était bon quand même !

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Retour à la plage, nous eschons 2 cannes avec des sardines attrapées dans le banc qui était dans nos pieds quelques minutes avant. 10 minutes passent et la canne armée à la sardine part. Encore une jolie baston de 20 minutes et j’échoue une raie-guitare de 25 kilos. Pas blasé, c’est toujours aussi bon. A Alexis d’aller la chercher dans l’eau, celle-ci lui casse presque un doigt en adoptant la méthode croco pour se libérer en roulant sur elle-même afin de casser le fil. On relance un filet de sardine, 10 autres minutes passent et ça repart. Alexis rate le ferrage. Faut ferrer mec, faut ferrer!

Jour 6 :

Matinée en surf. Mer formée, vent montant en puissance. Alexis rate à nouveau une touche au ferrage, décidément pas son truc… Le reste de la matinée est calme. On déjeune sous le cagnard sur la plage avec de la viande de dromadaire rapportée de Nouakchott la veille avec de nouveaux appâts. Départ pour le tombant avec un peu d’avance sur la marée. Sur place le vent est fort et la mer bouge beaucoup. Ahmed sera le seul à prendre un thon. Les bancs se sont un peu déplacés dans la baie, probablement pour suivre les sardines. Je sors une grosse badèche au leurre, on agrippe une raie bouclée à la cuillère et de son côté, Alexis tente les cobias au popper en espérant ce coup-ci déclencher autre chose que de simples suivis polis. Pas de chance, ils suivent mais n’attaquent toujours pas. Comme cela donne peu, on repart en avance vers la plage. Nous arrivons en marée basse et cela nous permet de voir quels sont les chenaux principaux le long de la plage. On va donc décaler les cannes de 30 mètres vers la droite pour tenter autre chose. On esche les 3 cannes et on avance à mi-corps dans l’eau pour gagner de la distance au lancer. Pas plus de 10 minutes ne passent avant une première touche sur la canne de droite. Ferrage raté, esche quasi intacte, on relance (Alexis…!).

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Deuxième touche dans les minutes qui suivent, je ferre et ramène une raie-guitare de 10-15 kilos. A cours de sardine on relance avec un yaboye. Alors qu’Alexis est encore dans 50cm d’eau à ennuyer un crabe (magnifique à ses dires), en revenant des vagues après avoir relancé la canne, les deux restées sur leurs piquets se plient à la même seconde. Je sprinte vers la plus éloignée et ferre. Alexis se grouille de reposer celle qu’il a en main et court vers la première pour ferrer. Le temps de prendre contact avec le poisson ce dernier a soufflé l’appât et Alexis est bon pour ramener et re-escher. Ok, cette fois-ci, tu n’y étais pour rien cher cousin.

De mon côté, je suis arrimé à une locomotive. J’étais rentré dans l’eau loin, j’avais fait un bon lancer, le temps que j’attrape la canne bien du fil était déjà sorti du moulinet et le rush se poursuit. Il ne reste plus grand-chose! C’est parti pour un bain afin de récupérer ce qu’on peut. La bataille s’installe et le poisson arrive progressivement dans peu d’eau. Alexis ne peut pas vraiment aller m’aider, les deux autres cannes sont relancées et peuvent repartir à tout instant. Dans un petit excès de confiance, je serre le frein un poil trop et bride ce gros poisson. Il rue et casse. C’était une raie-guitare qui devait approcher sinon dépasser les 40 kilos. Ça m’apprendra à rester patient. Je m’envoie quelques noms d’oiseaux bien évidemment. 20 minutes plus tard, Alexis ferre (enfin!) et sort une autre raie-guitare de 15 kilos environ.

 La nuit tombe, plus rien ne bouge, on ramène les lignes pour découvrir un sar de près d’un kilo accroché à la ligne du milieu. Quelle journée les amis, quelle journée !

Jour 7 :

Après la soirée de folie d’hier, nous avons surtout envie de rester sur la plage. La journée sera finalement assez décevante et pas une seule vraie touche ne viendra agiter nos cannes. Puis, deux heures avant de commencer à remballer le matériel dans les tubes, Alexis accroche un bar de 1,5 kilo dans la vague, à ses pieds. Curieux, il relance à 10 mètres, dans un mètre d’eau, et immédiatement ça mord ! Alexis et moi allons passer nos derniers moments de pêche en Mauritanie à taquiner le bar dans 1 mètre de flotte. C’est tout simplement dingue : les poissons sont dans nos pieds, ils mordent dès que l’appât touche l’eau et Alexis commence par en sortir 8 en pas plus de 5 minutes. Après avoir constaté cet ultime décalage avec nos mers septentrionales, il est temps de rentrer et de réattaquer le désert, puis le goudron, puis la grève de la compagnie aérienne. In fine, ce séjour fut… FOU! Un très grand bravo à Gwenolé Deuff pour cette super première, au-delà de nos espérances, pour avoir su s’entourer si bien (guide de pêche et cuisinier) et pour avoir depuis changé de chauffeur.

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Tous les poissons gardés ont été consommés sur place. Toutes les raies-guitares ont été remises à l’eau avec tous les égards. Les dauphins, les flamands roses et les pélicans nous ont accompagnés presque tous les jours !! Nous reviendrons évidemment en avril pour la saison de la courbine.

Nous parlons de ce voyage sur le forum, venez à votre tour commenter cette aventure et cet article en cliquant ici.

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