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Par Yann Nabusset (as crapaud.y1 sur le forum)

L'été 2008 ne restera pas, pour moi, un été comme les autres. Il serait trop long, ici, de vous raconter l'ensemble de mon périple qui a duré près de 3 mois. C'est pourquoi je vais faire abstraction de 2 mois de bonheur que nous avons vécu (dont vous pouvez retrouver le récit dans les n° 19 et 20 du magasine predators et sur http://kamtchatka2008.blogspirit.com/) pour ne vous parler que de la fin du périple.

Ces 2 premiers mois passés au pays des ours, des volcans et des moustiques me laissent un gout un peu amer car, malgré quelques prises par ci par là, je n'ai pas attrapé autant de saumons que je l'espérais.

kamchatka_1Au détour d'une conversation (un peu alcoolisée pour mon interlocuteur) avec un local, fan de pêche lui aussi, je comprends qu’il aimerait bien voir ce que nous vallons sur le terrain. « Nous partirons vendredi » me lance-t-il. Il n'en fallait pas plus pour me remonter le moral. Après 2 jours à préparer le matos, le voici enfin qui arrive (non sans avoir 4 heures de retard) dans un camion énorme au relent d'armée soviétique. 170km de route nous annonce-t-il. « Génial, dans deux heures je dégomme des saumons ! » me dis-je. Une fois ses amis arrivés, enfin nous partons ! Au bout de 150 mètres finit le bitume, place à la piste. Et bientôt, la piste se dégrade tandis que les paysages se font de plus en plus beaux.

Nous sommes en aout et dans certaines vallées la neige est encore bien présente. Nous sommes 4 à l'arrière de ce camion et notre chauffeur semble se prendre pour Sébatien Loeb. Nous admirons des paysages désertiques couverts de sable volcanique et d'énormes pierres posées là comme des météorites tombées du ciel. Eux, comparent cet endroit à la lune. Nous passons ensuite à un paysage verdoyant et devons dorénavant gravir les monts, ce qui laisse planer un certain sentiment de doute quant aux dénivelés à escalader, mais le camion ne bronche pas. Le conducteur sait ce qu'il fait.

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Nous arrivons complètement KO après 7 heures de « route », 10 poses vodka/bière (avec un record pour notre chauffeur et son copilote qui cumul sur ces seules heures de transport : 7 bouteilles d'un litre et demi de bière à 12° et une bonne bouteille de vodka). Nous logerons dans une maison de braconnier qui fera office d'abris pour une partie de la troupe (les autres dormant dans leurs 4*4).

Le lendemain, après un petit déjeuner nous partons en direction de la rivière. Première halte pour voir si le spot convient. Je sors du truck accompagné du conducteur et à peine au bord de l'eau 3 saumons partent de la bordure ou je me trouve. Ca sent bon...mais pas assez pour mon pote qui estime qu'il « n'y a pas de poissons ». Eva me dit de regarder de l'autre coté où il lui semble avoir vu des poissons sauter. Effectivement, ça bouillonne, j'enjoins mon conducteur de regarder, mais celui-ci persiste : « no fish here ! ». Nous repartons un kilomètre plus loin et la sentence est toujours la même : « pas de poissons ici ». N'aimant pas trop voyager pour trouver du poisson les locaux décident malgré tout de rester ici.

kamchatka_3Tout le monde descend, et pendant que les non pécheurs préparent le déjeuner, rapidement 6 cannes se retrouvent au bord de l'eau. A quelques mètres du bord je peux admirer 3 beaux saumons, bien rouges, d'environ 70 à 80cm. Ca promet. Les locaux me conseillent vivement de pêcher avec une blue fox n°5. Contraint de les écouter je tape une cuillère dans la boite qui m'est présentée et commence gentiment à bombarder l'un des 3 poissons qui se tient devant moi. Mais celui-ci ne semble pas aimer le métal. Ca tombe bien, moi non plus. Il me faudra une demi-heure pour me dire que le problème ne vient peut-être pas de moi, ni du poisson mais bien de la cuillère. Je récupère ma boite et monte un poisson nageur mais dès le premier lancer le saumon fait demi tour et dévale la rivière. Je suis maudit !!! Je replonge dans la boîte et choisit l'option silencieuse en prenant un stick shadd 114 rose de Sébile. Avant même que je fasse mon premier lancer, le meilleur pêcheur du groupe (du moins, le seul non braconnier) me déconseille d'utiliser ce leurre : «to heavy, to heavy, use blue fox n°5 ». Mais il ne connait pas mon sale caractère.

kamchatka_4Je lance et fais bouger l'un des saumons qui est devant moi...finalement ça doit pas être si problématique d’avoir un leurre lourd !!! Deuxième lancer : PENDU ! Je suis aux anges. Le combat avec ce beau bécard ne dure que quelques courtes minutes après quoi, je le remets rapidement à l’eau. Puis je remonte un petit peu en amont et trouve une tête d'île où l'eau bouillonne, c'est gavé de poissons. Ce ne sont pas moins de 200 poissons qu'Eva et moi découvrons. Rapidement nous enchaînons les saumons, toujours au stick shadd. Raphael, qui est sur l'île devant nous, nous raconte qu'il vient de prendre 10 saumons à la mouche dans un seul trou. Tenté de le suivre, je me retiens en entendant les cris de nos camarades restés près des 4*4. Je vais voir ce qu'il ce passe. Ils hurlent et nous demandent de les rejoindre. En arrivant nous apprenons qu'une maman ours et ses deux bébés sont passés à une vingtaine de mètres de nous pendant que nous péchions.

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kamchatka_5Les prochains lancers se feront près des trucks. C'est quand même plus sécurisant. Malgré tout, nous continuons à enchainer les poissons mais les heures passent et il est temps de retourner là où nous avions trouvé refuge la veille. Au programme : un bon verre le cul dans une source chaude. Le pied ; une eau à 40°, des potes au milieu de la forêt. C'est du tout bon... Le lendemain, nous retrouvons notre ami qui, bien éméché, a mis le camion dans un arbre et s'est endormi le moteur allumé. Nous le ramenons à la cabane, le couchons et prenons les cannes pour aller chercher les saumons. Nous tombons dans un banc de bonne taille. En une heure et demie nous attrapons de snombreux saumons sans bouger d'un centimètre. Une folie. Aussi facile que d'aligner les ablettes. J'ai même eu le plaisir de récupérer le streamer de Raph dans la bouche d'un poisson qui lui avait explosé la soie. Du jamais vu. Après cette belle fin de matinée nous retournons narrer nos exploits aux autres qui ont réveillé notre cher Oleg et qui sont enfin prêts à retourner au bord de l'eau. L'après midi sera de même facture.

kamchatka_7Le lendemain, après une nuit dans le camion, j'ai le sentiment qu'un de mes amis, à qui j'avais demandé de me réveiller pour aller pêcher, s'est levé en douce. En effet, le camion bouge dans tous les sens, pourtant les ronfleurs sont toujours là. “Mais alors, qui bouge le camion ?” Je regarde par la fenêtre sans rien voir. Etrange... finalement je l’ouvre pour tomber nez à nez avec la maman ours qui nous avait rendu visite l’avant veille. Elle est si proche de moi que je pourrai la toucher. Pendant une heure nous avons le plaisir de prendre des photos et de filmer la scène. Les petits lèchent nos assiettes pas assez propres à leur goût, la mère déchire le sac qui contient mes gants HPA qui, il faut le dire, sentent le poisson. Après quelques derniers saumons, par rentrons, heureux d'achever l’expédition de cette façon. Nous avons vécu pendant 3 mois comme dans un rêve et aujourd'hui je n'espère qu'une chose...repartir.

Pour ceux qui souhaiteraient organiser un voyage, une expédition ou n'importe quel trip au kamchatka, n'hésitez surtout pas à me contacter je me ferai un plaisir de vous aider à organiser ça et peut être vous guider sur place si le besoin s'en fait sentir. 

Nous parlons de cet article sur le forum, n’hésitez pas à venir le commenter en cliquant ici : http://www.pecheaubar.com/punbb/viewtopic.php?id=20865 

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