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Bien Analyser le spot de pêche au bar en surfcasting

Pêche de la côte

Amis néo surfeux, ou, si vous préférez, jeunes surfcasters, laissez moi deviner… Vous avez fait l’acquisition d’un ou deux bons ensemble de surf, acheté quelques montages prêts à pêcher, les plombs et agrafes qui vont avec et HOP ! Début de la merveilleuse aventure du surfcasting !? Peut-être même que les premiers bars, soles, daurades, flets furent au rendez vous de vos premiers succès ?

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Et bien oui ! C’est toujours comme çà que çà marche au débutOn n’y connaît rien, on a juste envie d’essayer. Parfois un copain vous guide, mais souvent, on fait une confiance aveugle au détaillant du coin. Et si ce mec là est bon, alors on ressort gaiement de sa boutique, la bourse vidée de tout l’équipement indispensable au parfait débutant…

Mais au sein de cette parfaite panoplie, quel est d’après vous l’élément qui a permis la réussite ?

La canne ? : QUE NENNI ! Vous ne savez pas encore l’utiliser à pleines performances (Bin ouai, vous débutez…).

Le moulinet ? : RIEN DU TOUT !   C’est rien qu’une réserve de fil et le poisson se cogne de savoir si c’est du Daïwa ou du Shimano, NA !

La tresse, le nylon ? : NAN ! Cherchez encore… L’appât choisi ? : AAAAHH , on s’approche, on s’approche. C’est hyper important mais çà ne suffit pas.

Le montage utilisé ? : Et oui le montage. Non seulement, il faut avoir trouvé le bon appât, mais de plus, il faut savoir le présenter correctement.

N’oublions pas ! Le surfcasting est avant tout une pêche à l’appât, donc statique par définition (bien qu’il faille sans cesse suivre les mouvements de marée).

La règle d’or est donc, et ça vaut pour toutes les techniques de pêche à l’appât naturel, une présentation IRREPROCHABLE de l’esche dans l’eau. Allons donc plus loin dans le plaisir du surfcasting. Cette fois ci, on va non seulement essayer de prendre du poisson, mais qui plus est, tâcher de le prendre avec nos propres montages.

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Cela sous entend beaucoup : on dépasse le stade de la simple application halieutique au bord de l’eau, cette fois ci, on a créé ! On a cherché à comprendre, on a élaboré une stratégie, on a imaginé les conditions de pêche et, finalement, on a fabriqué.

Ca a marché ? Pas marché ? Reprenons du début et commençons par définir ce que nous recherchons, ensuite, nous créerons…

Avant l’apprentissage du montage, revenons au base


Avant d’aligner tel ou tel diamètre de nylon, tel ou tel accessoire, il s’agit de définir nos besoins. Ils sont liés à deux conditions essentielles : le spot et les conditions de pêche / les espèces recherchées.

Analyse du spot de pêche au bar en surfcasting

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1 – La plage et sa déclivité

Le surf se pratiquant sur plage, la déclivité est la première des données à intégrer. En effet, plus la plage est pentue, plus la profondeur sera importante à faible distance. Il sera alors inutile d’envisager l’emploi de montages « longue distance », on privilégiera la présentation de l’esche et la discrétion absolue.

A l’inverse, qui dit plage à faible pente dit fort marnage. A la descendante, moment propice à la pratique du surf, il va falloir songer à lancer loin pour bénéficier d’un temps d’immersion de l’appât suffisant à la capture du poisson : Accroche appâts et lancers appuyés seront de rigueur.

2 – L’état de la mer

On ne présentera pas l’appât sur les mêmes montages en fonction de l’état de la mer.

  • Mer agitée

Un long brin de nylon ou de fluorocarbone a toutes les chances de s’entortiller au gré des courants, rendant le montage totalement inefficace. De plus, le poisson sera rendu moins méfiant, la mer agitée remue le substrat, fait gigoter les algues et autres débris en suspension. Ce qui est valable aussi pour les esches. Vers, crabes et mollusques doivent être présentés sur empiles courtes. Le poisson ne se méfiera pas de trouver une esche ainsi ballottée.

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  • Mer calme

C’est l’exacte inverse. Il faut dans ce cas privilégier l’emploi de très longues empiles et/ou traînard. Le poisson doit trouver un appât semblant reposer/flotter naturellement dans son milieu. De plus, l’emploi d’empile courte limite l’engamage du poisson, celui-ci ressentant instantanément l’inertie du plomb et recrache. Ce qui explique les nombreuses « fausses touches » lorsqu’on utilise des empiles trop courtes par mer calme. C’est dans ce genre de conditions que les montages ultra discrets du genre coulissant ou auto ferrant se révèlent être les plus efficaces.

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3 – analyse de l’environnement : lieu de pêche uniforme ou alors postes marqués (avec des Rochers) ?

Encore une fois, de l’observation de votre spot va dépendre votre stratégie de pêche et donc, du choix du montage. Parvenus sur les lieux, qu’observons nous ?

  • Une plage sans relief particulier

Aucune bâche (baïne) apparente ? Aucun changement de couleur de l’eau ? Pas d’indice d’épave, de roche ? Bon bah, va falloir mettre le plus d’eau possible au dessus de la tête des poissons ! Histoire qu’ils se sentent en sécurité et mordent plus facilement.

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On va donc opter pour des lancers lointains, le plus lointain possible même. Mais attention ! Balancer loin, c’est à coup sûr faire exploser l’appât en vol et donc, rendre le tout inefficace.

Heureusement que Messieurs Gemini et Breakaway sont là pour nous arranger le coup !

Les accroche-appâts permettent de préserver l’esche en vol et garantissent la parfaite présentation de cette dernière dans l’eau, même après un lancer appuyé. Ces accessoires sont indispensables dans ces conditions de pêche.

  • Présence de postes marqués

Ces postes peuvent être de natures diverses :

– Bancs et creux de sable (bâches, baïnes, goulets d’entrée et de sortie d’eau)

– Epaves

– Enrochements

– Exploitations mytilicoles

En ces conditions, ce n’est pas la distance, mais la précision de lancer qui sera recherchée. En contrepartie, il faut que l’esche soit immédiatement pêchante à l’amerrissage. On évitera donc les accessoires du genre accroche-appât et la tendance sera au raccourcissement des empiles et/ou traînards.

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4 – Analyser les conditions de marées

A forts coefficients, forts mouvements d’eau ; propres à entortiller le moindre montage un chouia trop long ! Dans la confection de ses montages, il convient d’intégrer également cette donnée. Par exemple, par coefficient de 90, même par mer calme, les courants se chargeront d’emmêler vite fait les empiles supérieures à 60 cm.

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Par coefficient de 40, même par mer plus agitée, il y a moins de risque à pêcher avec cette même longueur. On peut compenser en variant le diamètre de ses empiles :

  • coefficients/mer forte : diamètres de 30 à 40/100
  • coefficients/mer faible : diamètres de 20 à 30/100

A titre d’exemple, pêcher avec un traînard de 2 mètres en 20/100 par coefficient de 90 et mer formée est inconcevable : emmêlement garanti ! Il faudra s’adapter avec un traînard d’1,50 m maxi et 35/100 minimum.

Viser l’espèce recherchée

En ce domaine aussi, il convient d’adapter ses montages. On ne capture pas une anguille sur un montage destiné aux mulets qui marsouinent en surface…Voyons cela :

Les espèces à rechercher sur le fond

C’est l’immense majorité des espèces capturées en surfcasting. Car, outre l’ensemble des poissons inféodés au substrat (pleuronectidés, roussettes, anguilliformes,…) même les poissons de pleine eau viennent fouiner sur le fond. Au palmarès des montages, c’est sans conteste possible le montage « traînard » qui l’emporte, que ce soit en fixe ou en coulissant.

Attention cependant ! Crabes et crevettes s’invitent souvent au festin et nettoient l’hameçon avant que le moindre poisson n’ait eu le temps de s’intéresser à notre appât.

Les espèces de pleine eau

On vise ici l’ensemble des poissons grands nageurs : Bars, mulets, gadidés, scombridés, sparidés,… Puisqu’il s’agit de présenter l’appât à différentes hauteurs d’eau, on privilégiera l’emploi d’empiles. Il est même possible de faire remonter l’appât vers la surface (pour cibler mulets, orphies et maquereaux par exemple) grâce à l’emploi de perles flottantes.

Suivant l’espèce recherchée, libre à chacun de tester divers « apparats ». Certaines espèces répondent bien aux stimulis visuels provoqués par les perles et les sequins.

On choisira des motifs fluo ou argent/doré de jour et des tons phosphorescents de nuit (après avoir pris soin de les illuminer à une source vive quelques instants avant de lancer, le flash d’un appareil photo étant parfait !)

En conditions très calmes, on optera pour la discrétion : pas de perles, pas de ferraille, usage de fluorocarbone, emploi d’hameçons légers et montages coulissants.

Ca y est voila transmises ces quelques bases que nous jugeons indispensables dans le choix et la création de nos montages. Dans la deuxième partie de cet article nous pourrons donc nous plonger ensemble dans le concret, évoquer le rôle des différents ustensiles et attaquer les premiers schémas de montage.

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