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Pêche au Costa rica

Le Costa Rica est un pays d’Amérique centrale recouvert d’une forêt tropicale humide et situé entre la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique. Le Costa Rica est connu pour ses volcans et sa biodiversité. En effet, environ un quart de sa superficie est constitué d’une jungle protégée. Cette forêt abrite une flore unique et de nombreuses espèces endémiques. La renommée de ce pays vient également de ses plages avec ses vagues idéales pour la pratique du surf. La pratique de la pêche n’est pas en reste !! Les pêcheurs du monde entier affluent vers ce pays pour titiller les poissons locaux. La pêche au Costa Rica réserve de nombreuses surprises. Voici le retour d’expérience de Tim, membre de la communauté pecheaubar.com

Une journée de pêche côtière au Costa Rica…

« Maudit barracudas ! »

Julien

Il y avait de quoi être furieux car notre sixième et dernière mitraillette venait de disparaître sous les dents acérées d’un petit barracuda.

Nous devrons donc nous contenter des 8 sardines prises pour assurer notre pêche au mythique poisson coq du Pacifique. Dominique, Tim et moi avions décidé de passer les fêtes de Noël en compagnie du célèbre guide Julien Dérozier sur la côte sud-ouest du Costa Rica, tout près de la frontière de Panama.

La perspective de prendre des carangues, un espadon voilier (sailfish) ou des carpes rouges nous enchantait mais ce qui nous excitait particulièrement c’est le poisson coq , pez gallo en espagnol.

Partant à l’aube dans notre open muni de deux fois 115 cv nous traversons le vaste golfe « Dulce » à 25 nœuds pour gagner la côte Pacifique à 30 miles de nos bases. Il est 8 heures et nous nous mettons en pêche. Deux cannes de traîne armées de sardines et deux cannes à popper pour exciter les poissons coqs.

La pêche au poisson coq au Costa Rica

Le bateau longe à 3 nœuds les immenses plages de sable noir bordées d’une végétation d’une luxuriance inouïe. Soudain, près d’un arbre à perroquets fièrement campé sur le rivage nous entendons la douce chanson du moulinet. Julien est le plus rapide et ferre un poisson coq qu’il passe à Tim. Bagarre courte mais intéressante, le poisson est imprévisible et son comportement très inhabituel pour nous les bretons plus habitués au bar. Henri, le jeune marin que Julien forme remonte le poisson coq à l’aide du bas de ligne. Nous le remettons à l’eau avec précaution.

Amateurs de sensations au popper, Tim et moi lançons nos jolis leurres en direction de la côte pour faire bouger les poissons coqs. Tim pêche avec

  • une Beasmaster 2.70 XH
  • un Stella 6000FA
  • une tresse Fireline 27 centièmes.

Il utilise un leurre popper de chez SPRO bleu (13.5 cm) qui est dense, se lance bien et fait de belles gerbes. Plus réfléchi, ou plus paresseux, je choisis un Bubble Pop 110 (SERT) léger qui me donne satisfaction. Je lance moins loin mais j’assure la suite. Je pêche avec une Diaflash 270H, un Stradic 5000 FH et une tresse verte XDS 17 centièmes. Julien trouve mon matériel trop léger car si je tombe sur une grosse carpe rouge la casse serait inéluctable !

Nouveau départ à la traîne, un nouveau poisson coq rejoint le bateau. Tim toujours muni de son popper commence à fatiguer mais est récompensé par une superbe attaque tout près du bateau. Poisson coq ? Non, c’est une carangue de 9kg qui rejoint le bord après une lutte en force. Quelle puissance ces carangues !

Nouveau départ à la traîne, cette fois Tim est le premier et ferre le poisson après un relâcher assez élégant. C’est gros, vraiment gros. Le moulinet se vide d’un tiers et la bataille débute sous l’œil amusé de son père et de Julien. C’est le poisson coq record de séjour de pêche au Costa Rica, 22 kg estimés car nous le remettons à l’eau avec plaisir.

La pêche au gros au Costa Rica

Il est 5 heures moins dix, le réveil sonne. C’est le quatrième jour de pêche de notre voyage au Costa Rica. Aujourd’hui nous allons en pêche hauturière ! C’est peut-être le jour J ? C’est notre deuxième jour de pêche hauturière, le premier n’ayant pas été très concluant : quelques daurades coryphènes mais nous n’avons pas vu d’espadon voilier, enfin si, une touche dès le début de la pêche mais nous n’avons pas pu voir le poisson…

La pêche au gros comme on dit ! On connaît la chanson… « Ah bah mon cher Monsieur, si vous étiez venu la semaine dernière vous auriez vu : les poissons étaient comme fous, ils n’arrêtaient pas de mordre, c’était incroyable ! » Ou encore : « Le lendemain de votre départ…. » On en a assez entendu et c’est vrai que c’est lassant à la fin : il faut se l’avouer : on ne sera jamais là au bon moment !

Avec ma fièvre et mon mal de crâne la journée commence bien. Enfin bon, ne soyons pas superstitieux et peut-être qu’une équipe de « bras cassés comme nous » avons tout de même nos chances aujourd’hui !

Julien Dérozier notre cher guide avait lui des douleurs terribles au dos la veille, seul mon père (Vincent) à l’air en forme.

Vous connaissez donc l’équipage ; n’oublions pas Henry le Marin, un jeune Costaricien sympas que Julien est en train de former. Le petit déjeuner avalé : café, riz et haricots (une nourriture bien calante pour le grand large) nous embarquons dans le bateau : une coque open parfaitement équipée pour la pêche que nous allons pratiquer : sondeur GPS Lowrance, deux moteurs Yamaha 115 CV 4 temps, des portes cannes partout. Nous disposons de 5 cannes pour cette pêche (cannes de traîne avec moulinet à tambour tournant). J’ai aussi pris ma Beastmaster, mon Stella, et ma tresse Fireline 32 centièmes afin d’éventuellement jouer avec un petit espadon voilier qui se ferait prendre au vif…

Il fait beau et chaud, la mer est à 29 degrés, nous voilà parti à vive allure vers le spot à sardines afin de récolter éventuellement quelques vifs destinés à la canne à lancer (au cas ou). Après une demi-heure de pêche, nous déclarons forfait et remettons la gomme pour aller vers les spots du large situés à environ 40 milles du club : au diable ! Heureusement que le bateau vole à 25 nœuds en vitesse de croisière…

Observation du spot de pêche

Henry et Julien montent les cannes, Vincent et moi préparons la canne à lancer. Nous sommes enfin en action de pêche. Les poissons recherchés sont les espadons voiliers, les marlins et éventuellement les daurades coryphènes. C’est en effet la meilleure époque de pêche pour ces dernières. Il est 7 heures 30. Julien nous explique qu’il faut être extrêmement vigilant et regarder la surface et l’horizon hyper attentivement.

Lui se charge de regarder les lignes à l’arrière, et nous, nous guettons vers l’avant : un éventuel saut de voilier ou une voile et nous multiplierons alors par 5 nos chances de réussite. En effet, dans cette mer vide et profonde (entre 500 et 1000 mètres de fond), le moindre bout de bois, cageot, bouée ou encore ligne flottante peut attirer les poissons fourrages et donc les prédateurs. Les oiseaux jouent un rôle majeur, et plus particulièrement la frégate qui annonce normalement les poissons à rostre. Enfin, un poisson peut se faire repérer de très loin par un saut ou tout simplement grâce à sa voile.

Il faut donc être très attentif. C’est finalement une forme de chasse au gros gibier ! Julien nous montre tout son professionnalisme en nous expliquant ces milles choses. A l’avant nous scrutons l’horizon avec l’espoir fou de voir un signe ou quelque chose de remarquable qui pourrait nous guider vers un des poissons de nos rêves de toujours….

Nous prenons quelques magnifiques daurades coryphènes entre 6 et 12 kg en traîne le long d’une très longue ligne flottante mise par un professionnel (celle-ci fait 20 Km, elle est destinée à prendre des daurades coryphènes). Cela nous occupe bien, et ces poissons sont tellement magnifiques, et en plus super bagarreurs. Nous assistons émerveillés à une série de cabrioles incroyables !

Nous pêchons en traîne à environ 6 nœuds, avec des mulets morts montés sur des hameçons simples habillés d’une jupe en plastique. Les lignes sont écartées grâce à des tangons de chaque côté du bateau. Ces dernières pêchent de 10 à 30 mètres derrière le bateau.

Il est 11 heures moins 20 et nous nous assoupissons, bercés par les légers mouvements du bateau, sur cette mer quasiment plate. Il fait au moins 30 degrés à l’ombre, mais avec l’air c’est agréable et nous somnolons….

Une touche impressionnante réveille l’équipage…la pêche sportive commence au Costa Rica

Julien et le moulinet nous font sursauter ! Je prends la canne et Julien m’annonce que je tiens mon premier client !!! En quelques secondes le moulinet se vide régulièrement et sûrement, je dis à Julien : « Je ne contrôle rien ! » Le temps que Julien, Henry et Vincent remontent toutes les lignes et arrêtent le bateau le poisson a déjà pris 250 mètres de fil, c’est incroyable !

Julien annonce « Marlin » ! Je n’en crois pas mes yeux, c’est le poisson que je vois sauter là-bas qui est au bout de ma ligne, je suis abasourdi. Il est au moins à 300 mètres. Je suis pendu à un monstre ! Julien m’explique comment m’y prendre car je n’ai jamais été en combat avec « un tout gros » et ce type de matériel ne m’est pas très familier. Avec la bête qui est au bout, les conditions d’apprentissage ne sont pas optimales !!!

C’est le poisson de ma vie, je l’imagine se décrocher, quel cauchemar (j’en ai rêvé la nuit dernière !), garder la ligne tendue à tout prix, le contact : je tire dessus de toutes mes forces.

il est possible que le combat dure 2 heures 30 si le poisson est très combatif et si je m’y prends mal… les marlins sont des forces de la Nature !

Julien Derozier

Au bout de 20 minutes, en sueur, je vois enfin le poisson remonter des profondeurs. Julien n’en croit pas ses yeux : c’est un Espadon voilier géant, il n’en a jamais vu de si gros de toute sa carrière ! J’ai un sourire jusqu’aux oreilles, mais le poisson n’a pas aimé la vision du bateau (ou peut-être mon sourire !) et il repart comme une bombe vers les profondeurs.

A deux fois, quand Henry prendra la double ligne (les derniers 2 mètres) le poisson repartira en rush. Cette fois il est fatigué et Henry réussit à le tenir par le rostre et le monstre se débat dans un flot d’écume le long du bateau.

Il le hisse à l’arrière du bateau et Julien et moi ne sommes pas de trop pour l’aider à l’embarquer : l’Espadon est affreusement lourd. En le mesurant Julien se rend tout de suite compte que c’est un poisson record. Il fait 3 mètres 30 de long avec un tour de taille de plus de 1 mètre ! Tout va ensuite très vite et il faut se dépêcher afin de ne pas asphyxier le poisson pour pouvoir le relacher bien vivant. Nous faisons une séance photo éclair, avant de rendre à ce magnifique poisson sa liberté. Henry le réoxygène un instant avant que nous le voyions repartir vers les grands fonds avec une grande émotion. Le voilà libre !

A peine une heure après, Vincent en prendra un lui aussi, un voilier très gros qui se bagarrera comme il se doit ! Quelles émotions pour le père et le fils !

Une prise record !!

Le soir Julien nous apprendra suite à ses savants calculs et après avoir consulté ses tablettes une nouvelle extraordinaire… Le poisson pêché par Vincent est estimé à 168 livres : c’est un poisson d’une taille tout à fait exceptionnelle : c’est même la taille du plus gros espadon voilier pêché l’année dernière dans le Club ! Quand à mon géant de voilier, il est estimé à 216 livres (98 kg), il dépasse de 6 livres le record du Monde actuel sur cette taille de ligne (50 lb). C’est même peut-être un des plus gros voiliers jamais pêchés, toutes catégories confondues: nous sommes abasourdis !

Malgré tout, ce poisson ne constituera pas un record officiel car c’est notre ami Julien qui a ferré le poisson (pour homologuer un record, la personne qui ferre le poisson et celle qui le combat doit être la même), en plus nous l’avons relâché (donc notre espadon n’a pas pu être « officiellement » pesé). Ce n’est pas cela qui nous intéresse, c’est avant tout un souvenir INOUBLIABLE.

Conclusion

Nous avons pêché 6 jours dans ce beau pays en alternant pêche côtière et pêche hauturière. Les poissons côtiers se sont pris majoritairement à la traîne mais le lancer des poppers est indispensable pour aller chercher les poissons près du dernier rouleau à la côte et les ramener vers les vifs.

Nous n’avons décroché aucun poisson sur nos leurres, preuve que les hameçons utilisés, des VMC Fish Fighter étaient parfaitement adaptés. De même nous n’avons jamais cassé sur un poisson, ce qui atteste de la robustesse de nos tresses Fireline et XDS. Les bateaux sont parfaits et l’ombre projetée par le Biminhi très disputée par les pêcheurs car il fait chaud jusqu’à 13 heures. Alors un vent bienvenu se lève avec la régularité d’un métronome et tempère les ardeurs du soleil, mais c’est l’hiver chez nous, nous aurions mauvaise grâce à nous plaindre…